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L'entrevue
Méloée prud'homme, administratrice
Plus
jeune membre du conseil d’administration de la FECHIMM,
Méloée Prud'homme casse l’image souvent
véhiculée à l’effet que les nouvelles
générations seraient plus individualistes et
défaitistes. « Je suis un exemple flagrant, je
suis retournée à l’université j’avais
27 ans, 2 enfants et j’ai choisi des sciences pures,
ce qui n’était pas facile. Je m’entoure
de personnes qui ont une mentalité semblable à
la mienne et, moi, je vois les jeunes plus battants que défaitistes »,
raconte-t-elle lors d’une entrevue vidéo tournée
dans son logement de la Coopérative Les dames de coeur
dans le quartier Centre-Sud.
Elle met aussi à mal un autre cliché
voulant que les jeunes s’impliquent peu dans la gestion
de leur coopérative par le biais d’une participation
au conseil d’administration, aux différents comités
et aux corvées. «Moi, dans ma coop, malgré
la croyance populaire, on voit beaucoup les jeunes s’impliquer»,
dit-elle.
Commentant la sous-représentation
des jeunes dans les coopératives d’habitation,
dont la moyenne d’âge des membres dépasse
les 50 ans, Méloée Prud'homme explique notamment
ce phénomène par une méconnaissance de
la formule coopérative en habitation. À cet
effet, l’Année internationale des coopératives
en 2012 lui semble une excellente occasion de mieux faire
connaître le modèle de propriété
collective.
«Ce qui manque c’est l’éducation
populaire», dit-elle. «Les jeunes, je le vois,
ils ne connaissent pas les coops d’habitation. On a
besoin de visibilité et d’éducation populaire.
Il faut leur expliquer, ils ont plus l’impression que
c’est comme un HLM et ils ne voient pas l’implication
que cela demande, mais quand je leur explique, pour eux il
n’y a pas de problème».
Plus
globalement, elle estime que c’est l’ensemble
du Mouvement coopératif qui doit mieux être présenté
aux jeunes «Les jeunes habituellement sont assez engagés,
souvent dans x domaines que ce soit, mais la coopération
ils voient ça comme de la coopération internationale,
ils ne le voient pas dans leur milieu de vie», dit-elle.
Affirmant avoir appris beaucoup des autres,
la jeune femme se dit prête à redonner ce qu’elle
a reçu. «On m’a fait mon éducation
populaire, je fais l’éducation populaire aux
gens qui m’entourent», précise-t-elle.
Méloée Prud'homme croit
que son élection au conseil d’administration
de la FECHIMM envoie un message positif aux jeunes qui sont
peu représentés aux assemblées générales
de la Fédération. «En voyant des jeunes
prendre une place, ils vont voir qu’ils peuvent effectivement
prendre plus de place», dit-elle.
Si elle assume pleinement son rôle
de porte-parole non officielle de la jeunesse au conseil d’administration
de la FECHIMM, elle n’en demeure pas moins partisane
d’une formule coopérative ou règne la
mixité. «La mixité c’est important
et ce n’est pas seulement une mixité sociale,
dans l’âge aussi c’est important, car on
n’a pas les mêmes vécus, les mêmes
visions et on ne vit pas les mêmes réalités»,
explique l’administratrice à la FECHIMM.
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